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Commentaire de JCThomas pour les textes d'évangile

Allez jusqu'à la référence au texte évangélique que vous cherchez.





Luc 21, 25 à 36

Luc 21, 25 à 36

"Le Seigneur vient" chaque fois qu'une personne humaine lui ouvre la porte de sa conscience et lui accorde sa confiance.


 


C'est un événement capital pour cette personne. Elle "entre dans le Royaume de Dieu", dans une nouvelle façon de penser, de vivre, d'aimer, de s'engager.


 


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Lorsque beaucoup de personnes en même temps ouvrent à Dieu la porte de leur conscience, l'événement prend une grande ampleur. C'est un grand Jour pour Dieu, un grand bouleversement.


 


Jésus dit que cet événement approche: et qu'une partie de l'humanité va être ébranlée par des questions nouvelles remettant en cause des façons de vivre apparemment bien établies.


 


L'heure de choisir ce qui donne du Sens à l'existence va sonner. Beaucoup en seront étonnés. Ils se réveilleront d'une longue léthargie. Enfin ils s'intéresseront à ce qui a de l'importance: non pas le buzz de certains medias, non pas les petites phrases téléchargées à des millions d'exemplaires…pendant quelques heures, obsolètes dès le lendemain.


 


Jésus reprend un style que ses contemporains connaissaient bien: une  mise en scène de bouleversements du cosmos, soleil, lune, catastrophes. Une sorte de reconstruction de toutes les réalités considérées comme les plus stables. Autant d'images illustrant la force du message, mais qui ne sont pas le message lui-même.


 


 


Il faut donc se rendre attentifs aux signes avant-coureurs de ce bouleversement des pensées, des organisations sociales et politiques. Rester en éveil.


 


Ne sommes-nous pas en train de vivre une de ces périodes historiques ? A la veille de redécouvrir le vrai SENS de la Vie, de la Foi chrétienne ?


"Le Seigneur vient": beaucoup de choses vont changer, plus que nous l'imaginons. Soyons-en heureux. Voici le message positif de cet enseignement. L'Humanité ne va pas à sa disparition (comme dans certains films d'épouvante à grands effets spéciaux, extra-humains): l'Humanité avance vers son enfantement, sa renaissance. De nouvelles chances vont lui être offertes: il faut les saisir. Pas besoin d'attendre des millions d'années: "Amen, je vous le dis: cette génération ne passera pas sans que tout cela n'arrive" (32)


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Luc termine par une précision topographique concernant les derniers jours de la vie publique de Jésus: " Il passait ses journées dans le Temple (sa vaste esplanade, pas le sanctuaire où les prêtres offraient les sacrifices d'animaux); mais ses nuits il sortait les passer à l'endroit appelé mont des Oliviers. Et tout le peuple, dès l'aurore, venait à lui dans le temple pour l'écouter".


Luc 3, 1 à 6

Luc 3, 1 à 6

Luc situe dans le temps et l'espace l'action de Jean le Baptiste ouvrant l'évangélisation que Jésus va vivre pendant un certain nombre de mois.


Tout cela fit partie de l'histoire humaine.


La Parole de Yahvé a réellement pris chair dans notre Humanité.


 


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Chaque chrétien a mission d'apporter à son temps la Bonne Nouvelle. De génération en génération, l'évangélisation a existé et continuera d'exister.


On peut la qualifier de "nouvelle" quand elle s'adresse à de "nouvelles" personnes, à de "nouvelles cultures", à de "nouvelles portions d'humanité".


Luc 3,10-18

Luc 3, 10-18

Mini programme pour se préparer à accueillir la Bonne Nouvelle: tel est le régime que propose Jean à ceux qui lui demandent invariablement: "Que faut-il faire ? Quelles actions privilégier ?"


- Notons bien qu'il s'agit d'actes et non de paroles ou de pensées.


- que ces actes  amorcent  un changement.


- que ces actes sont différents selon les professions exercées,


- qu'un geste extérieur accepté ( être plongé, baptisé par Jean dans l'eau du Jourdain) certifie qu'on adhère authentiquement à une décision de changement.


- que cet ensemble est déjà une bonne nouvelle.



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Mais Jean dit clairement qu'il s'agit seulement d'un régime d'entrainement, pour accueillir Celui qui vient: Jésus de Nazareth, Celui que le Peuple attend, celui qui fera naître une nouvelle génération  d'humains  engendré dans l'eau d'une nouvelle naissance et le feu d'un nouvel esprit.



Jean prépare le terrain.


Jésus jette la semence produisant  la moisson, le  pain de la Vie plénière



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Nos prédications, nos témoignages, nos écrits préparent-ils à accueillir la Parole du Christ ?  Proposent-ils des actes concrets de conversion adaptés à nos conditions d'existence?


Luc 1,39 à 45

Luc 1,39 à 45

Nous pouvons méditer sur les prises de conscience suscitées par l'Esprit de Dieu  et chez Elisabeth et chez Marie.


Elisabeth comprend que Marie porte un enfant intimement lié à Dieu: et que  son propre enfant sera lié à Celui que Marie porte en elle.


Marie comprend que Dieu est en train de réaliser en elle les attentes de son Peuple, le peuple des Juifs fidèles.



Elle se laisse envahir par une immense joie intérieure: celle de la maternité, celle de la bonté de Dieu envers ceux qui accueillent  chaque événement comme une attention gracieuse du Seigneur. Elle est persuadée que Dieu ne cesse de retourner les situations au bénéfice de ceux qui  traversent les heures difficiles ( comme celle qu'elle pressent devant les interrogations de Joseph à son égard) en demeurant sûrs que Dieu tire toujours du bien de ce qui nous fait mal. Traverser une crise débouche sur une renaissance lorsqu'on fait confiance au Seigneur.


 


***


Il n'est pas interdit d'admirer très simplement l'amour familial qui conduit la jeune Marie, en grande hâte, vers son aînée pour s'associer à sa joie et pour l'aider dans les derniers mois de sa grossesse.


D'admirer le respect de la femme aînée envers la toute jeune femme.


D'admirer  les merveilles que suscite l'attente d'un enfant, même inattendu.



Dieu est bien présent là où chacun vit son quotidien dans l'amour de la Vie, de la dignité de chaque personne,


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Et Luc nous invite à nourrir  une infinie considération pour la femme, comme il le fera de multiples fois dans la suite de son évangile en rappelant le comportement divin de Jésus envers les femmes.


Luc 2,1 à 14

Luc 2,1 à 14

Luc s'est donné la peine d'enquêter sur l'enracinement historique de la naissance de Jésus. Il nous en rapporte l'essentiel.

- L'empereur romain a décrété un recensement de ses sujets: l'enfant qui va naître en fera partie.

- A quelle époque aura lieu ce recensement ? Lorsque Quirinius, gouvernait la Syrie.

- Joseph se soumet  à l'ordre donné par l'empereur. Il part vers sa ville de référence, Bethléem, cité de son lointain et célèbre ancêtre, David.

- Malgré l'énorme contrainte qui pèse sur son épouse, Marie, enceinte et proche de l'accouchement. Il leur faut parcourir la centaine de kilomètres montagneux séparant Nazareth de Bethléem.

- Arrivé à Bethléem, où convergent les gens de sa tribu,  Joseph doit improviser pour trouver un lieu correct où Marie va accoucher. Ce sera une mangeoire pour animaux. Symboles anticipateurs: Bethléem signifie "maison du pain";  mangeoire, lieu de nourriture ; linges pour emmaillotter l'enfant, clin d'œil vers les linges de l'ensevelissement. Pauvreté, humilité, non recherchées mais imposées par les circonstances. Mais le bonheur intérieur et la Joie de donner la vie l'emportent sur l'inconfort.

- Le nouveau-né est un garçon, le premier-né de Marie. Celui qui sera le premier-né d'une humanité à renouveler.

 Les réalités symboliques s'enchaînent.

- Les professionnels majoritaires sont bergers. Le premier-né de Marie se proclamera Berger, Pasteur attentif à l'ensemble des nécessités humaines: être accueilli, respecté, protégé, bénéficier d'une juste liberté...

- C'est la nuit. Mais cette nuit n'est pas ténèbre: une lumière la transperce. N'ayez pas peur.

- Le Créateur de la lumière agit ici comme au premier Jour du Monde. Signe qu'un nouveau Monde commence. Grande joie pour tout le peuple, tout le petit peuple, tous les gens du peuple.

- Le signe, le moyen d'identifier ce qui se passe ? D'abord une vie, un nouveau-né : dans une mangeoire d'animaux, lieu et matériel de la vie ordinaire des bergers, évocant l'harmonie entre les vivants. Comme au sixième jour de la création.

- Le message ? Dieu est là: son Ciel rejoint la Terre. Dieu est heureux lorque les humains vivent en Paix. Dieu prend plaisir à s'investir dans la Paix, l'harmonie, et tous les apaisements.

- Quand il sera adulte, ce nouveau-né dira: "Je vous donne ma paix...celle qui m'habite...et qui ne correspond pas toujours avec ce que le monde et l'opinion appelle paix. Paix des cœurs et non pas seulement paix des armes déposées après le ravages des guerres et destructions.

Tous ces signes n'évoquent-ils pas notre temps ? Ils sont de tous les temps. Laissons-les nous parler. Le rédacteur de ces lignes a le génie de relier le réel historique et l'humain le plus spirituel. Merci à Luc.


Luc 2, 41 à 52

Luc 2, 41 à 52

Luc souligne  le réalisme  de l'humanité de Jésus: il grandit, se fortifie, se remplit de sagesse, la grâce de Dieu est sur lui.


D'abord enfant, puis adolescent.


Grâce à ce que Marie et Joseph lui ont transmis à partir des Saintes Ecritures, il adhère à la foi. Il les accompagne à Jérusalem pour y célébrer la Pâque.



Avec une maturité qui dépasse celle des jeunes de 12 ans,  il prend la liberté d'entrer en relation avec des adultes spécialistes des Ecritures.


Il les écoute, les questionne. Ceux -ci sont  stupéfaits de  son intelligence et de ses réponses.



A Joseph et Marie qui s'étonnent il répond en évoquant "son Père" et l'intérêt qu'il porte à tout ce qui le concerne.


Luc précise que ses parents ne comprirent pas le sens de sa parole.


***


Et Jésus va continuer à progresser en sagesse, en taille et en grâce jusqu'à l'heure où il  proclamera la Bonne Nouvelle.et où , progressivement, il laissera entrevoir son lien de Fils bien-aimé à Yahvé-Dieu Père.


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En relisant très attentivement ce récit apparemment tout simple et que  Luc est le seul à rapporter, essayons  de comprendre ce qu'il veut nous dire sur la personne de Jésus...et sur ce que nous en pensons et croyons personnellement.


La scène se passe dans l'enceinte du temple. Jésus y parle de son Père céleste: les spécialistes du Judaïsme apprécient la justesse de ce qu'il dit, à 12 ans. Les mêmes, dans le même temple, vingt ans plus tard, seront horrifiés en comprenant que Jésus se présente comme "Fils de Dieu": ils décideront alors de le condamner et de le mettre à mort pour faire cesser ce qu'ils estiment être un blasphème.



Matthieu 2, 1 à 12

Matthieu 2, 1 à 12

Matthieu, en bon connaisseur des Saintes Ecritures juives, utilise trois sources pour composer ce récit.


1. L’histoire d’Hérode le grand, né en 73 et mort en 4 avant notre ère. Roi de Juda, il fit construire le Temple de Jérusalem. Il fit assassiner son épouse Mariamne et plusieurs de ses enfants. Cruel et  impopulaire. Matthieu le montre plein de jalousie envers le nouveau « roi des juifs » ;  sournois  dans l’enquête pour trouver l’adresse de ce concurrent ; hypocrite laissant croire qu’il veut l’adorer ; impitoyable envers les garçons de moins de deux ans. Hérode rappelle le Pharaon qui faisait tuer tous les garçons au temps de Moïse. Il représente aussi les autorités du Judaïsme qui s’opposeront au « roi des juifs » à l’heure de la passion du Christ.



2. Matthieu fait allusion à des récits bibliques bien connus de ses lecteurs .


- D’abord celui de Balaam, le devin ayant accepté de l’argent pour maudire le peuple de Dieu. Mais … son ânesse lui reproche cette perversité. Et Balaam, au lieu de maudire, bénit le peuple en prophétisant qu’il voit « de Jacob monter une étoile, d’Israël surgir un sceptre » (Nomb. 24,17)


- Ensuite un passage du prophète Michée (5,1) annonçant que le futur guide du peuple naîtrait à Bethléem, également lieu de naissance de David le roi, et de sépulture de Rachel, longtemps stérile, mère de Joseph, qui mourra à Bethléem en mettant au monde son Benjamin (Gen. 35, 16-20).


3. Matthieu n’ignore pas ce que connaissent les gens cultivés de son époque. Particulièrement au sujet des savants de la Perse, excellents cosmologues, attentifs aux signes du zodiaque et au mouvement des étoiles. Zoroastre (astre d’or, ou Zarathoustra, celui à la lumière brillante) était leur Sage, Mithra leur dieu, le mithréisme leur culte.


En combinant ces trois sources, Matthieu présente la personnalité de Jésus enfant.


-Le ciel et les astres parlent de lui. Ceux qui regardent le ciel et y cherchent les traces de Dieu peuvent découvrir Dieu dans cet enfant.


-Les savants de l’Orient se prosternent devant cet enfant, font acte d’allégeance envers lui. A travers eux, Matthieu présente les non-juifs et païens grecs ou romains comme les croyants de demain. Déjà l’universalisme du christianisme !


-Jésus est la « manifestation » (épiphanie, en grec) du Dieu unique. Pas seulement un être humain. Il vient d’En-Haut. Il est le Soleil levant éclairant la route des hommes.


-Deux groupes prennent  position face à Jésus. Le groupe du refus, composé de ceux qui auraient dû l’accueillir puisqu’il était l’un des leurs. Le groupe de l’accueil et de la foi, composé de ceux qui auraient pu l’ignorer puisqu’il n’était pas l’un des leurs. Renversement des positions.


 


Aujourd’hui, chacun peut s’interroger sur la position qu’il a choisie envers Jésus-Christ. Adhérer, en croyant. Le refuser. Plus couramment, l’ignorer : ne jamais regarder le ciel, garder les yeux rivés sur les choses de la terre. Vivre en spirituel ou vivre en matérialiste.


Autre question : comment considérons-nous ceux qui arrivent « de loin » mais qui découvrent la foi chrétienne ? Comme des « étrangers » ou comme des frères et sœurs dans la foi ?



















 







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