mages

MAGES et culte de MITHRA

transfert des textes publiés en 2006 environ sur les pages persos de Catherine Vrignaud Cheyns





JMM . J'aurais aimé avoir des informations sur Matthieu 2 au sujet des Mages... A mon avis, on ne peut en faire qu'une lecture théologique.

CV . Il me semble que nous pouvons aussi considérer cet épisode unique des Mages, en Matthieu, à côté des nombreuses références à l’Ancien Testament, du point de vue scientifique et de l’histoire des religions. C’est ce que j’appelle les clins d’oeil. (voir méthode de la lectio divina)

Mais avant tout il est important de bien lire ce qui est “ écrit” en langue originale. Tu dis bien, Jean Marie " des mages" ( magoi, sans article en grec) car il n'est nullement question de “rois”. Ce “glissement” est peut-être du en référence à Esaï 60,2-4,6 , mal interprêtée quant aux mages, qui sont pourtant des couronnés. Il est également exact de traduire :

“ Où est le enfanté Roi des Juifs ? Car nous vîmes son astre à son lever et nous sommes venus l’adorer.”

Je remarque d'abord que l'astrologie religieuse est inscrite dans l'Évangile .

Matthieu commence l' épisode des mages , contrairement à 1, 18 , par le nom Jésus uniquement. Il s’agit bien ici pour Matthieu en "Jésus" de l’incarnation du Christ, nommé " le enfanté ROI des Juifs" par les Mages .

Nous voilà avec ces débuts de Matthieu à côté des songes, d’ apparition d'ange, de conception miraculeuse .... maintenant en pleine astronomie et astrologie avec des sages d’Orient. Un Orient symbolique?! ( Gen. 3,24) mais géographiquement et historiquement aussi plausible des mages venus de la Perse, car vu de la Palestine le Levant ou l’Orient était le Royaume des Parthes. Les sages ou mages y formaient la caste “des prêtres” férus d’astronomie : des scientifiques.

Ces mages qui se déplacent pour adorer, apparemment croyaient au Christ.

Dans les écrits des Pères de l'Eglise nous ne trouvons pas, à ma connaissance, des commentaires significatifs sur ces points. Des interprétations courantes encore aujourd'hui remontent à Tertullien ( fin du II° siècle) disant qu'ils sont "Rois" , à Léon ( V°siècle) disant qu'ils sont "trois" et avant ce Pape Léon le Grand, à Augustin ( V°siècle), dont on a retenu qu'ils sont les premiers des païens à vénérer Jésus Christ Sauveur du monde entier. L'Epiphanie ou la manifestation aux Mages est devenue la fête de l’entrée des païens dans l'Eglise. Quel sens est donné au mot paiën ? : appartenant aux "nations" ? incroyant? impie? charlatan? idolâtre? sans religion? paysan? ayant une autre religion? Les Mages alors : des convertis au christianisme? Au XV°siècle l'un d'eux devient noir.

D'autres dans l'histoire ont fondé leur pouvoir sur et autour des "reliques" d'eux.

Les traditions ont transformé l'histoire des Mages d’Orient en la légende des couronnes mises dans la crèche, copiée sur la cérémonie du couronnement du roi des Parthes, représentant de Mithra, à Schîz le 25 décembre ...... pour en arriver à une coutume encore très populaire aujourd'hui en France, y apparue au 13°siècle, et parfois complètement déchristianisée : la galette des rois ( à base de pâte d'amandes ) avec une fève enfouie tout genre, qui fera roi du jour celui qui la trouve par le hasard dans sa part du gateau et qui choisit alors sa reine.

 

Après ces notations j’évoque maintenant quelques hypothèses formulées par des scientifiques : En 1604 Jean Kepler, astronome , défendait une thèse : il s'agit d'astronomie rapportant la conjonction de Jupiter et de Saturne,apparaissant comme une seule grande étoile, vue le 29 mai , le 3 octobre et le 13 novembre dans le signe zodiacal du poisson en l’an -7 selon les tablettes de l’observatoire de Sippar. Les astronomes de Sippar ont vu le 16 mars de la même année Jupiter, représentant le Maître de l'univers, "à son lever" . Ce phénomène de " conjonction" de Jupiter et Saturne pour les astrologues-prêtres , vu de la terre dans l'entrée du soleil dans la constellation du Poisson signifiait , en plus de l'arrivée de l' ère nouvelle, l ’annonce de la naissance d’un Roi sauveur pour le monde entier . Saturne étant l'étoile des Juifs , les sages ou savants et prêtres d’Orient savaient alors qu'il fallait donc chercher vers Jérusalem . Le récit des Mages en Matthieu serait plus qu'une légende .

Les calculs actuels des calendriers astronomiques précis concordent encore . Nous savons que le moine Denys le Petit, qui a établi le calendrier de l’ère chrétienne, s’est trompé et que Jésus serait né en l’année 7 avant notre ère.

Il me semble que c'est à partir de Zoroastre et le Royaume des Parthes (Asie mineure, Iran, l'Afghanistan, la Mésopotamie ... qu'il faudrait parler des Mages. Ce serait d'actualité puisque la capitale Ctésiphon se trouvait au sud de l'actuel Bagdad .

Les rois des Parthes , représentants de Mithra, se faisaient sacrer et couronner à Schîz, actuellement une ville d’Azerbaïdjan, le lieu de naissance de Mithra. C’est là sur une haute montagne que se trouvait un observatoire où les prêtres, des scientifiques, observaient la marche des étoiles et les constellations ce qui implique le zodiaque. N’oublions pas qu’à l’époque de la naissance du Christ, c’est la transition de l’ère du bélier à l’ère du poisson, ce qui provoquera un changement de conscience dans tout l'Empire romain. Selon la précession des équinoxes et le point vernal, une ère dure plus ou moins 2150 ans. L’ère du bélier ( Abraham; rite des deux boucs dans le Lévitique) ;agneau :Moïse, les Juifs, Jean le baptiste: " Voici l'agneau de Dieu") avait elle-même succédé à l’ère du taureau (Mithra). C'est aussi de ce royaume des Parthes que la religion de Mithra (trois siècles avant J.C. et 3 après) est venue jusqu'à l’empire romain .

 

***

 

JMM Je suis d'accord pour l'interprétation des "rois mages".Ce ne sont pas des rois, mais des astrologues. Le chiffre 3 se rapporte évidemment aux 3 présents. Certains parlent des 3 continents connus, d'autres parlent des 3 âges de la vie. (A Cologne, dans une église, j'ai vu une fresque qui en montre 4. ) Pourquoi pas ? En tout cas, c'étaient des païens, appelés à reconnaître le Messie promis aux peuple élu et maintenant venu pour tous.

Les explications par les anciennes religions zoroastriennes, ainsi que toutes les allusions à des vierges mettant au monde un personnage exceptionnel sont intéressantes.

Mais elles m'ont inspiré les réflexions suivantes : Comment Matthieu aurait-il pu les connaître ? C'était un fonctionnaire-percepteur, un bon juif qui connaissait parfaitement l'Ancien Testament, mieux que les autres apôtres. Par contre, les influences perses en Galilée étaient inexistantes ou très fragmentaires. A moins de penser que le texte a été retravaillé par la suite par un autre rédacteur ?

Il faudrait, je crois, rechercher chaque détail du chapitre 2 , on y trouverait peut-être une explication dans l'A.T.

 

JCT Pourquoi dis-tu, Jean Marie, que Matthieu ne connaissait certainement pas l’existence et les caractéristiques de la religion des perses et des mages? Et qu’il est nécessaire d’attendre un “correcteur”, quelques années plus tard, pour le savoir?

es premiers livres de la Bible comme la Genèse ou le livre des Nombres montrent que déjà, bien avant Matthieu, les rédacteurs juifs connaissaient la culture de l’Orient. Pendant leurs exils, ils avaient vécu en relation avec des gens fort cultivés de l’Orient (Ninive, Babylone, le sud de la mer Caspienne). Plus tard, à Alexandrie, les juifs se laissent imprégner par la culture grecque, alors dominante: ils traduisent en grec la Bible hébraïque et rédigent en grec de nouveaux textes comme le livre de la Sagesse. Et c’est un roi des Mèdes et des Perses, Cyrus, qui va libérer les Juifs de la captivité à Babylone et aider la reconstruction du temple de Jérusalem avec Esdras et Néhémie. Puisque Matthieu connaît très bien tous ces livres de l’AT, il ne peut pas ignorer le substrat culturel oriental, perse, ni sa portée religieuse. Quand il parle des Mages venus d’Orient, il sait de quoi il parle..

 

CV C'est en effet de ce royaume des Parthes que l’empire romain a reçu la religion de Mithra, la pratiquant en plus de leur polythéisme. Puisque la Palestine au temps de Jésus était occupée par Rome, il est fort possible que le culte de Mithra y était pratiqué et connu, au moins par une petite minorité.

En 270 après J.C. le culte de Mithra fut proclamé religion d'État à Rome, jusqu'à Constantin

Les femmes en étaient exclues. Il eut un gros succès auprès des légionnaires romains, qui le transportaient ainsi jusqu’au confins de l’empire . Le culte de Mithra fut, jusqu'au 4° siècle, le plus gros adversaire ( ou adjuvant?) de la chrétienté,

En Perse la naissance de Mithra était célébré le 25 décembre.

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JMM Les "rois mages" ne sont probablement que des personnages symboliques inspirés comme tu le dis par Esaïe 60 et le psaume 72. Les "mages" sont les seuls à voir l'étoile. Si elle avait été aussi visible, tout le monde l'aurait vue, d'autant plus que ni une étoile ni une comète ne se dirige d'Est en Ouest, du moins je le crois. Matthieu écrit son texte vers l'an 85, pendant et après les persécutions.

L'étoile serait alors la lumière de la foi, qu'on ne peut voir que par la foi, lumière de l'Esprit.

Le massacre des Innocents qui suit la visite des étrangers s'inscrirait aussi dans le contexte des persécutions comme le fera plus tard l'évangéliste Jean dans l'Apocalypse...

Mes remarques ne sont pas très savantes, mais je trouve passionnante cette recherche avec toi. Je m'en remets à tes compétences.Je ne suis encore qu'un novice très curieux et désireux de mieux vivre ma foi.

 

CV Les mages voulant "adorer" viennent à "Jésus", sans jamais prononçer le Nom Jésus, par leur FOI et leur SCIENCE . Ne nous ouvrent-ils pas leurs deux trésors ? Par leur science ils connaissent avec certitude le temps précis de naissance. Voir Genèse 1,14 ....! Ne connaissant apparemment pas la Bible judaïque, ils s'informent à Jérusalem du lieu précis de naissance, qu'ils ignorent, mais qui se trouve dans La Bible. Ils font par personnes interposées confiance à la Bible, qui devient alors aussi leur guide pour le lieu .

Il y a forte "conjonction" entre Foi, Science et Bible !

Il n’est pas écrit que l’astre "se déplaçait" jusqu’à Jérusalem ni de Jérusalem à Bethleem. Je peux traduire : " Ceux-ci ayant entendu du roi marchèrent et voilà que l'astre qu'ils avaient vu en l'Orient, LES FAISAIT AVANCER jusqu'à ce qu'étant venu il se tint au dessus de là où était l'enfant ."

Via l'initiative secrète d'appel des Mages par Hérode sur sa question précise du temps, lui, d'abord aussi ignorant sur le lieu et s'étant déjà informé auprès des autorités religieuses de Jérusalem, connaissant la Bible, les Mages marchent vers Bethleem (maison du pain). Leur confiance indirecte en la Bible est confirmée par l'astre, qui en sa troisième conjonction ( tablettes cunéiformes de l'observatoire de Sippar, ) "s'arrête" ( expression astronomique) non pas au - dessus une grotte, une étable , mais “là où était l'enfant.” Il est exact de traduire : " ...jusqu'à ce qu'étant venu ( l'astre) il (l'astre) se leva au-dessus de là où était l'enfant." " Ayant vu d'autre part l'astre, ils se réjouirent d'une joie grande fortement." Les Mages par leur Foi , leur foi en la science, leur foi en la Bible , ne sont-ils pas alors "arrivés" ? La véracité de la Bible n'est-elle pas alors confirmée par leur science ? N'y a-t-il pas par la Foi et pour la Foi “conjonction” entre la Science et la Connaissance? Pourquoi ne ferait-on pas aujourd'hui une “cooptation” comme ces Mages ?

 

“Et étant allés vers ou dans la maison (l'ère ou maison du poisson? maison de Joseph? maison du Pain? ) ou la famille ( même mot en grec : oikos ) (donc aussi JOSEPH!! l'homme de Mariam Mat. 1,16 ) , ils virent l'enfant AVEC Mariam , la mère de lui . Et tombant (ou fléchissant les genoux, ou s'inclinant) ils l'ADORÈRENT."

En "adorant " cet Enfant, les Mages ou Sages et non magiciens! , ne témoignent-ils pas de leur FOI en Christ et Christ ou Roi "incarné" , par la Force d'En-Haut , dans ce couple conforme à La Parole de YHWH et exemplaire dans ce Peuple élu et à cette époque ? En Luc,1, 35 l' ange dit à Mariam : " l'Esprit saint SURviendra SUR toi... " N'est-ce pas que le couple Joseph , l'homme de Mariam , et Mariam , la femme de lui , sont des "observants" justes de la Loi de YHWH , décrite en Genèse 2?

Lire les deux premiers chapitres de l'Evangile selon Luc en parallèle de Matthieu s'avère être très éclairant.

Je vois bien que la Foi et la Science des Mages vont vers la Bible et ce que dit la Bible vers la science !

Les Mages nous ont ouvert leurs trésors. "Ils présentèrent à l'Enfant des offrandes ,or et encens et myrrhe." Ces trois derniers dons, ont certainement des sens symboliques très importants. "Et avertis en songe de ne pas revenir à Hérode" " par un autre chemin," "ils se retirèrent dans leurs foyers "( le verbe anachoreo)" "dans la région d'eux ."

Les Mages aussi ont des songes comme Joseph , qui n'est pas dit astronome ni prêtre, mais reçoit les Mages dans sa maison , dans sa famille, la Sainte. Les Mages ou Sages sont , comme Joseph , directement guidés et inspirés d’En-Haut.

Pour leur part, les religieux, grands-prêtres et scribes de Jérusalem , n’entendent ni ce que dit la SCIENCE par les mages , ni ce que dit la Bible: Ils ne bougent pas! pour l'instant ! Mais déjà le roi Hérode a l'intention de tuer Le ROI incarné, par ruse et mensonge. Orgueil, jalousie, meurtre .

Et pour terminer par la quatrième phase de la méthode, je reprends volontiers ta si belle phrase, Jean-Marie :

“ L'étoile serait alors la lumière de la foi, qu'on ne peut voir que par la foi,

lumière de l'Esprit.

 

 

Deux autres “clins d’oeil “ accompagnent notre dialogue :

une exègèse biblique et une chronologie des religions


MATTHIEU aime bien “faire parler” l’ancien testament

Dans quel but ?

Douze fois Matthieu. emploie l’expression :”Ceci arriva pour que s’accomplît ce qui avait été dit par le prophète...”. Dont cinq fois dans son prologue sur l’enfance de Jésus, conçu par une vierge (Mt 1.22-23), né à Bethléem (2,5-6) ayant fui en Egypte (2.15) ayant échappé au massacre des enfants de Bethléem (2.17-18) avant de s’installer à Nazaret (2.23).

Matthieu montre ainsi que Jésus relie le passé et l’avenir, l’histoire du peuple d’Israël et l’histoire des croyants issus de toutes les Nations. Dès son enfance, Jésus laisse pressentir son identité de membre du peuple juif et de premier-né du peuple de Dieu offert à l’humanité.

1. Jésus, conçu d’une vierge, est “Dieu-avec-nous”, Emma-nu-el (Isaïe 7, 11-18, un Dieu qui protège et libère). Le dernier mot de Jésus selon Mat. est: “Et moi, je suis avec vous, tous les jours, jusqu’à la fin du monde” (Mt 28.20). Evocation du Nom propre de Dieu révélé à Moïse: “Je suis qui je suis” YHWH (Ex. 3.14, un Dieu qui va libérer)

2. Né à Bethléem en Judée, pays de David, le berger devenu roi de tout Israël, Jésus est “le roi des Juifs” que recherchent les Mages, et que Pilate appellera aussi “roi des juifs” avant de le livrer à la croix. Roi rejeté, livré par les autorités religieuses de son peuple. Bethléem, le moindre des villages dont sortira le plus grand roi d’Israël

3. Jésus vit quelque temps en Egypte, comme son peuple, descendant de Jacob, comme Moïse, repartant vers l’Egypte après la mort de Pharaon, et faisant le voyage “avec des ânes” sur lesquels il installe sa femme et ses fils. (Notez que Matthieu ne mentionne pas d’âne, alors que tous les peintres en dessinent un !). L’Egypte, un pays qui accueille, puis prend peur et finalement exploite. Un pays qu’il faut quitter pour faire “exode” vers la liberté.

4. Jésus échappe au massacre des enfants, comme Moïse sauvé de l’extermination des garçons.programmée par Pharaon. Hérode a peur, comme Pharaon; il veut éliminer tout concurrent. Enfant, Jésus échappe à la mort: adulte, il n’échappera pas à la jalousie homicide des grands prêtres.

5..Joseph s’installe à Nazaret dans la “Galilée des nations” : c’est depuis cette Galilée que Jésus enverra ses apôtres “faire des disciples dans toutes les Nations” (Mt 28.19). Mais il ne choisira pas cette ville comme résidence puisque ses compatriotes et sa parenté ne reconnaissent pas en lui un prophète (Mt 13.55-58). Matthieu selon les prophètes , appelle Jésus le “Nazôréen” en jouant sur le mot: car Jésus est à la fois un “consacré” à Dieu (nasir, comme Samson, Jg 13.5) et un “surgeon” (néçer, comme David, le rejeton de Jessé, Is. 11.1). Un nazôréen veut dire aussi “ observant”

Ajoutons d’autres harmoniques

- Matthieu met en scène la proximité de Dieu par les “songes” (de Joseph, Mat 1,20; et 2.13; 2.19) et des Mages (2.12) ainsi que par “l’ange”, porteur des messages de Dieu qui effraie les gardes du tombeau et rassure les femmes (Mt 28. 2 et 5)

-- Avec une mention spéciale pour les Mages

Matthieu est le seul évangéliste à en parler.

Le mot Mage désigne des érudits, observateurs du ciel et connaissant la révolution des planètes. La Babylonie est réputée comme pays leader en astronomie:

Matthieu écrit: “des mages d’Orient” et il met sur leur bouche: “Nous avons vu son étoile en Orient” avant de répéter:”L’étoile qu’ils avaient vue en Orient les précédait; arrivée au-dessus du lieu où était l’enfant, elle s’arrêta! A la vue de l’étoile, ils éprouvèrent une très grande joie!” (Mt 2.9-10: selon le mot grec on peut tout aussi bien traduire “son astre”).

Ils sont en recherche du “roi des Juifs qui vient de naître...pour se prosterner devant lui”.

Leur intention est droite, religieuse, à la différence d’Hérode cachant ses intentions perverses.


Comment ne pas penser à l’histoire de Balaam auquel le livre des Nombre consacre trois chapitres, 22,23,24 ? ( à lire, c’est un régal!). 

Balaam était un devin réputé. précis et efficace: il résidait en Mésopotamie, au bord de l’Euphrate (Irak actuel), l’Orient de Jérusalem. Au même moment, le peuple d’Israël, conduit par Moïse, arrivait aux frontières du pays de Moab (à l’est de la Mer morte). Le roi de Moab, Balac, redoute l’arrivée de ces “envahisseurs”. Il fait donc venir Balaam et lui promet de l’argent s’il profère des malédictions contre Israël pour éloigner cet ennemi.

Balaam accepte mais...”l’ange du Seigneur” va faire opposition , d’abord en stoppant l’avancée de l’ânesse (qui se met à parler) , puis en barrant la route avec une épée., et enfin en laissant libre le passage à condition que “Balaam prononce uniquement les paroles que l’ange (Dieu?) lui indiquera” (Nb 22.35).

De fait, Balaam prononce d’abord une bénédiction en faveur d’Israël, puis une seconde et enfin une troisième: “Voici ce que je proclame, moi, Balaam, fils de Béor, moi, l’homme au regard pénétrant... Je vois ce qui arrivera, mais ce n’est pas pour aujourd’hui. Je discerne un événement, mais il se produira plus tard. Un astre apparaît parmi les descendants de Jacob, un souverain surgit au milieu du peuple d’Israël” (Nb 24.17)

Difficile de penser que Matthieu, fin connaisseur des Ecritures, n’a pas en fond de pensée cette montée de “l’astre” annonçant un “souverain qui surgit au milieu du peuple d’Israël”.


Ce Balaam, devin venu d’Orient, qui prononce les paroles que lui suggère le Dieu d’Israël alors que rien ne l’y prédisposait: qui “se met en route pour regagner son pays, tandis que Balac s’en allait de son côté” (Nb 24.25), ce Balaam évoque et anticipe le déplacement des Mages d’Orient.

On peut faire un rapprochement entre Hérode et Balac,

entre l’astre évoquant le roi des Juifs et l’astre descendant de Jacob,

entre Balaam et les Mages venus d’Orient.


En théorie, ces gens de l’Orient ne croient pas au Dieu d’Israël mais plutôt dans les ou le dieu de leur pays (Mithra?). En réalité ils sont à l’écoute du Dieu d’Israël et l’honorent, tandis que le peuple d’Israël se bouche les oreilles aux paroles de son Dieu.


Et si Matthieu achève d’écrire son évangile au moment où beaucoup de “non-juifs” accueillent la foi en Jésus Christ tandis que peu de “juifs” deviennent chrétiens, comment ne serait-il pas tenté de mettre en scène les “mages d’Orient”, dès les débuts de la vie de Jésus, comme étant les plus prompts à reconnaître Dieu en lui ? à la différence de beaucoup des compatriotes de Jésus.

 

Mais c’est une toute autre histoire (ou une façon tout autre d'écrire l'histoire) ?

- Effectivement, chaque historien sélectionne des faits et surtout les assemble selon un fil rouge: politique, chronologique, social, psychologique... Il associe des réalités historiques et des évocations, des mythes, des thèses ou des textes littéraires connus.

Matthieu fait de même pour composer le “prologue” de son évangile. Tous les thèmes qu’il développera sur Jésus au long de son évangile apparaissent dans les deux premiers chapitres. Une seule chose compte pour lui: faire pressentir dès les premières pages que cet enfant Jésus possède la même identité que l’adulte Jésus, que ce fils né de Marie est bien le même que celui qui souffrira, sera mis à mort, ressuscitera et enverra ses porte-parole à travers le monde entier.

”Tout ceci arriva afin que s’accomplît la parole du prophète”. Ne nous étonnons pas de cette façon d’écrire pour évoquer: Matthieu nous en avertit clairement. Et notre méditation sur Jésus n’en devient que plus riche, croyante et priante.





SUITE sur histoire et Mithra publiée sur Pages Perso

de Catherine Vrignaud Cheyns vers 2006   .


Quelques données chronologiques comparées avec quelques données bibliques.


 


Vers 1.400 av JC


MITRA est une divinité indo-iranienne dont on peut faire remonter l’origine au second millénaire av. JC.

Son nom est mentionné pour la première fois dans un traité entre les Hittites et les Mitanniens, signé vers 1400 av JC.

Il figure dans les hymnes védiques comme dieu de la lumière, associé à Varuna.

Dans l’Avesta iranien, c’est un dieu bénéfique, collaborateur d’AHURA MAZDA. (les études actuelles tendent à ne pas admettre de lien de parenté entre ce MITRA indo iranien et le MITHRAÎSME (forme grecque de Mitra): voir plus bas vers le IIè siècle av JC.


 


Vers 1250 av JC ... Moïse libère le peuple hébreu de l’esclavage en Egypte - accepte l’Alliance du Seigneur-HYWH - crée le sacerdoce au bénéfice de son frère Aaron et de sa descendance - organise un culte avec des sacrifices d’animaux, du taureau à l’agneau - ainsi que des sacrifices ou repas de communion.


Vers 950, Salomon construit le Temple de Jérusalem.


 


Vers 760-700 av JC, les prophètes AMOS et OSÉE (royaume du nord, Samarie) ESAÏE et MICHÉE (royaume du sud, Jérusalem) rappellent l’esprit de l’Alliance: amour, vérité, respect du droit, culte du coeur . Le peuple s’adonne plus volontiers à l’idolâtrie.


Vers 650 av JC ? (Vers l’an 1000 ac ? ou vers 650-583 ) - ZARATHOUSTRA (ou ZOROASTRE), en IRAN, fondateur du zoroastrisme, ou Mazdéisme. Un sage, né dans une famille sacerdotale, aux confins de l’Afghanistan.. On admet parfois qu’il était mage (astronome) à la cour du roi de Bactriane (nord de l’Afghanistan)..


Livre sacré: “Avesta” (La Loi) en 5 parties : Yasna ( rites: rédigé par Zoroastre) , Vispered (chefs: 24 dieux compagnons d’Ormuzd, Vendidat (contre les démons), Yashis (invocations aux anges), Khordah Avesta (dévotion privée).


La Tora, comportant les 5 livres du Pentateuque (peut-être réunis entre 587 et 539 ac pendant l’exil en Irak, Bagdad).


Le Dieu ? Primitivement, Ormuzd, insaisissable par l’esprit humain, prenait 6 aspects différents (3 féminins, 3 masculins)- Ils devinrent 6 dieux vers le IV siècle avant JC. Puis leur nombre augmente et va comporter MITHRA (dieu du soleil) qui deviendra l’objet du culte mithraïque jusqu’au V è siècle après JC.


Deux hypostases divines: celle du Bien (Ormuzd) et celle du Mal (Ahriman).


Doctrine: Accent mis sur la bonté, la tolérance, le respect d’autrui. Les bons vont au ciel, les mauvais en enfer.Prêtres héréditaires (à commencer par un fils de Zoroastre)


Prêtres héréditaires, fils d’Aaron, dans le Judaïsme depuis Moïse (avant Zoroastre)


Rites: vénération du feu, principal symbole de Dieu. L’ordalie (épreuve du feu) détermine l’innocence ou la culpabilité. Les fêtes célèbrent les six périodes de la création.


Création en 6 jours selon Genèse 1.


En 622 av JC: Réforme religieuse impulsée par le Roi Josias, basée sur la découverte d’un volume sacré dans le Temple de Jérusalem (le Deutéronome?). Lutte pour extirper le culte des idoles..Le Judaïsme, religion de l’Alliance octroyée par le Dieu d’Israël, connait une période de renouveau.


- Le prophète Jérémie (626-587) s’associe à cette réforme. De même Sophonie, Nahoum et Habacuc.


En 612, la capitale de l’Assyrie, Ninive, est détruite par les Mèdes et les Babyloniens. En 604 Nabucodonor , babylonien, étend son pouvoir sur tout le Proche-Orient.


 


En 597 puis 587, Jérusalem tombe sous les assauts du royaume de Babylone conduit par Nabucodonosor. Déportation des juifs vers Babylone.. Ils prennent contact avec la culture du monde babylonien. Ils méditent sur leur passé et produisent un certain nombre d’écrits, comme le livre des Proverbes, le Deutéronome (?) et l’histoire deutéronomiste (Josué, les Juges, Les livres de Samuel et des Rois)


Activité des prophètes Ézéchiel et Abdias .


En Grèce, PYTHAGORE (570-480)

Au Népal BOUDDHA (550 av JC)

CONFUCIUS (551-479)


En 539, CYRUS, roi des Mèdes et des Perses, s’empare de Babylone. Redonne la liberté aux Juifs, les autorise à rentrer à Jérusalem, à reconstruire le Temple. Prophètes Aggée, Zacharie, Malachie, Joël.


Sous le règne de Darius Ier (521 -485 av JC), dans la Perse achéménide, le zoroastrisme est la religion officielle, et Ahura Mazda l’unique divinité. A Suse, au temps d’Artaxerxès II (404-358 av JC) Mithra est représenté aux côtés d’Ahura Mazda.


En 456 et 432 : séjours de Néhémie à Jérusalem. Activité littéraire juive produisant: Ruth, Job, Chroniques d’Esdras et Néhémie, Jonas, Psaumes.


A partir de 334 av JC: Alexandre le Grand triomphe. La culture grecque se répand.


PLATON (427-348)

ARISTOTE (384-322)


A partir de 250, début de la traduction en grec de l’ancien testament dite Septante ou LXX.

Composition du Cantique, de l’Ecclésiaste, de Tobit, d’Esther.


De 200 à 142, le Judaisme est opprimé par les Séleucides (origine grecque) en Palestine.

Livres de Daniel, Baruc, Siracide, Judith.


Vers le IIème av JC ? -


Le MITHRAÏSME (culte de Mithra) est apparu probablement pendant le IIè siècle av JC dans la partie orientale de la Méditerrannée, d’où il s’est diffusé pendant les siècles suivants dans tout l’Empire romain.


Culte. Il s’exerçait dans des temples (mithrea, au pluriel), au départ grottes naturelles, salles obscures comportant trois parties: 1.antichambre, puis 2. spelunca (grotte) salle rectangulaire décorée de peintures et deux grandes banquettes pour les repas sacrés, et 3.sanctuaire dans lequel on trouvait l’autel et l’image de Mithra donnant la mort au taureau.

La langue utilisée était le grec, avec quelques mots de persan; le latin le remplaça progressivement.


Récit mythique sur l’origine. Mithra serait né d’une pierre mythique, près d’une source et d’un arbre sacré. Adoré par les pasteurs, il coupa le fruit de l’arbre sacré et rencontra le taureau primordial qu’il saisit par les cornes et chevaucha jusqu’à épuisement de la bête. Arrivé dans une grotte, un corbeau envoyé par le Soleil lui demanda d’offrir un sacrifice. Mithra enfonça son couteau dans les flancs du taureau: du blé sortit de sa colonne vertébrale, et du vin à partir de son sang. Son sperme produisit les animaux utiles à l’homme.

 Le chien arriva et mangea le grain, le scorpion lui serra les testicules ; vint aussi le serpent. (Reconstitution à partir des images retrouvées dans les mythrea).


Fêtes: le 25 décembre (solstice d’hiver) on célébrait la naissance de Mithra.

Chaque dimanche, jour du Soleil, était jour de louange.


Rites initiatiques: ils comportaient 7 niveaux mis en relation avec les sept planètes de l’astronomie de l’époque: Lune, Mercure, Vénus, Soleil, Mars, Jupiter et Saturne. Les femmes étaient exclues. (On connaît par les textes patristiques chrétiens un certain nombre de détails sur ce culte).


CICÉRON (106 à 43 av JC)


En 63 av JC.

Début de la Domination romaine avec le général POMPÉE qui s’empare de Jérusalem, occupe la Palestine


Expansion du Mithraïsme vers Rome: avant JC


Plutarque (écrivain grec, 50-125 après JC), prêtre d’Apollon à Delphes, mentionne que les pirates de Cilicie en 67 av JC ( dans sa vie de l’empereur Pompée, (106-48 av JC): Ce général débarrassa la Méditerrannée (67) des pirates de Cilicie qui célébraient des rites secrets en relation avec Mithra, termina la guerre contre Mithridate VI, roi du Pont, en 66, et prit Jérusalem en 63.


Les légionnaires qui avaient servi Rome en Orient furent les vecteurs probables du culte de Mithra à travers l’Asie mineure et la Grèce jusqu’à Rome.

A Pergame (Turquie) des sculpteurs grecs produisent des bas-reliefs représentant le taurobole.


Vers les années 80-60 av JC: le livre de la Sagesse, rédigé en grec


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En 6 ou 7 av JC NAISSANCE de Jésus de Nazareth


En 27 de l’ère chrétienne: Vie publique de JÉSUS de NAZARETH, sa passion, sa mort et sa résurrection en l’an 30 ( ou 33 ?)


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Vers 51, première lettre de Paul qui dicte et authentifie de sa  main (2 Thes3,17) jusqu’à 64...


Evangile selon Matthieu ( rédaction finale vers 60-80 après JC ??). Jésus naît de Marie, l’épouse de Joseph. Il est manifesté aux Mages venus d’Orient pour se prosterner devant “le roi des Juifs” (cf les savants de l’Iran, astronomes, et Zoroastre).


Evangile selon Luc (rédaction finale vers 60-80 ??). Jésus naît à Bethléem, dans une grotte. Des bergers sont les premiers à se prosterner devant lui. (cf. Mithra)


Selon ces deux évangélistes, Jésus fait de son dernier repas (pascal) avec ses disciples un repas de sacrifice (corps donné, sang répandu) auquel doivent communier les disciples avec du pain et du vin. (cf culte de Mithra ?)


Evangile selon Jean. Jésus de Nazareth vient de Dieu: il est Lumière, Vie, Bon Berger.

(Mithra recevait les noms de La Lumière, la Vérité, le Bon berger).


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Progressivement, vers le IIè après JC, un syncrétisme se produisit entre la religion mithraïque et certains cultes solaires de provenance orientale. Ce fut la nouvelle religion du Sol invictus, “soleil invaincu”,


En 274 après JC, l’empereur Aurélien rend officielle la religion de Mithra.

Il érigea un temple splendide à Rome, créa un corps de clergé d’état pour assurer le culte dont le dirigeant s’appelait le pontifex solis invicti


Le Mithraïsme atteindra son apogée durant les IIIe et IVè siècle après JC, époque pendant laquelle il devint un concurrent important du christianisme.

Le culte de Mithra eut une implantation particulière auprès des soldats romains.


En 311, l’Empereur Galère (250-311) publie un édit de tolérance envers la religion chrétienne.

L’empereur Constantin (280 ?-337) accorde la liberté religieuse au christianisme en 313.

En 325, il convoque le Concile de Nicée.


Une compétition s’engage entre la religion de Mithra et celle du Christ.

Elle durera peu de temps.


Apparition de la fête de Noël en Occident (naissance du “sol invictus”, solstice d’hiver, 25 décembre)

et de l’Epiphanie en Orient (manifestation).

Dès la fin des persécutions antichrétiennes.


 


En 380, l’Empereur Théodose (d’Occident et d’Orient) décrète que le christianisme devient la religion de l’Etat impérial.


En 391 il interdit le Mithraïsme qui s’éteindra en quelques décennies, malgré la décision de l’empereur Julien, dit l’apostat, (361-363) de lui redonner vie.


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La plus grande partie des mithréae se trouvent aux frontières de l’empire romain, jusqu’à Londres ou dans le nord de l’Afrique.


Douze temples furent identifiés à Rome et à Ostie, 74 sculptures,une centaine d’inscriptions.


Certaines mithrea furent converties en cryptes sous les églises chrétiennes (la plus célèbre sous la basilique St Clément de Rome)




De Jacques THEBAULT,


Sur les "trois" "rois" mages, les éclairages m'aident enfin à intégrer cet épisode dans une lecture "intelligente" de l'évangile de la petite enfance. Je dis "sensée" parce qu'il a fallu que j'arrive à un âge assez mûr pour réaliser que l'Evangile n'était pas un chapelet d'épisodes merveilleux semés ici et là par Dieu pour susciter notre admiration, nous inciter aux bonnes actions ou nous consoler, mais la patiente démarche pédagogique graduée d'un homme vrai qui se révèle à lui-même en même temps qu'il se révèle aux autres en explicitant "le" sens du monde?


Dans cette optique de lecture "réaliste" (=non merveilleuse) de l'épisode des mages, je vous livre ma réflexion sur cet épisode.


..Nulle part, Jésus n'invoque, pour fonder sa légitimité de prophète, cette histoire de "chercheurs de sens" qu'étaient ces Mages, mais Il la connaissait certainement pour l'avoir entendue de ses parents.

L'évangile ne dit pas que ces Mages étaient rois, ni même trois.


On pourrait dire d'eux aujourd'hui que c'étaient des notables assez fortunés pour avoir ainsi le loisir de voyager, d'étudier tout ce qui circulait alors comme traditions pouvant donner une "clé" sur le sens de nos vies et le destin du monde.

On comprend que leur irruption dans le petit monde de la sainte famille et leur communauté à l'écoute de Dieu, n'ait pas manqué d'être une pièce de ces influences qui orientent nos vies et nous éclairent sur nous-mêmes. Cela a sans doute aussi joué dans la "vocation" de Jésus.


La Sainte Famille était intégrée d'évidence à une communauté, sans doute connue pour son intérêt envers les signes pouvant annoncer un Messie, communauté dont on connaît aussi Elizabeth et Jean par exemple.


Il n'est donc pas étonnant qu'en ayant été dirigés vers Bethléem, et sans doute en interrogeant les colporteurs de l'époque qui transmettaient aussi les nouvelles, les mages aient été dirigés vers cette communauté : "Allez donc voir chez ces gens-là". L'accueil a dû y être excellent et les échanges fructueux.

En tout cas, les mages sont repartis apparemment très satisfaits de leur séjour, et ils n'ont pas manqué de faire des cadeaux de marque à leurs hôtes.


Pourtant, à l'époque, Marie et Joseph n'en ont déduit aucune certitude quant aux événements qui surviendront plus tard. D'ailleurs à chaque fois que j'écoute le Stabat Mater de Pergolèse en boucle, je me dis que cette pauvre Marie, anéantie de douleur devant l'agonie inhumaine de son propre Fils, n'y comprenait plus rien alors, surtout en le voyant gémir de se sentir abandonné de Dieu lui-même. Le trou noir, du noir le plus épais et le plus lourd.


Puis viendra le "flash", l'illumination, la prise de conscience que Jésus est toujours Vivant.

Des divers récits de la Résurrection, c'est celui des Pèlerins d 'Emmaüs qui me "bouleverse", tant est poignant le moment précis où ils "percutent" comme on dit aujourd'hui.


Comme pour eux, toutes les anecdotes de notre vie s'éclairent alors rétrospectivement,

depuis l'enthousiasme des bergers de la crèche ­ alors qu'un accouchement dans l'agitation du caravansérail affairé serait passé relativement inaperçu ­ jusqu'à la quasi-fugue du jeune adolescent parmi les Docteurs du Temple, en passant par Siméon et ses compliments et, hélas, ses prédictions. Tous ces incidents s'éclairent alors en balises qui révèlent une voie.


Et, bien sûr, dans cet éclairage rétrospectif, remontent alors dans la mémoire de Marie ces discussions passionnées et passionnantes avec nos Mages, là, qui semblent être repartis convaincus d'avoir enfin trouvé, enfin compris, enfin découvert ce qu'ils cherchaient : déjà le futur Messie.


Que sont devenus les Mages, nul ne le sait, mais ils nous laissent un double message :

-  le premier, c'est de chercher sans nous lasser le sens des choses, intéressons-nous à la quête de sens des gens et du monde qui nous entourent : nous aboutirons, nous aussi, à Jésus-Christ.

- Le second message : comme la Sainte Famille, serons-nous assez à l'écoute du Christ pour que ceux qui cherchent un sens à leur vie trouvent chez nous le signe qui les guidera : l'Amour de Dieu révélé au monde ?






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