Exact ? Inexact ?

                         Concernant le jugement, la condamnation de Jésus le Nazoréen, sa crucifixion, le partage de ses vêtements, les lieux, les horaires,   etc....


Combien de clous pour crucifier Jésus ?

   

  Crucifier quelqu'un c'était le lier, le suspendre jusqu'à ce que le pendu meurre par asphyxie.

  Thomas  fait allusion aux clous comme éléments d'identification de Jésus après sa crucifixion. ( Jn 20, 25), et non pas comme élément indispensabe à la crucifixion.


Quelle était la hauteur de la croix ?

   Généralement, un peu plus haute que la hauteur d'un homme de grande taille, avec un léger supplément pour éviter que les chiens ne viennent déchiqueter le cadavre.


Quelle était la forme des croix de crucifixion ?

    Non pas celle à laquelle les peintures nous ont habitués, comportant une partie verticale au-dessus de la partie horizontale.  Les croix de crucifixion ressemblaient généralement à un  T .


Le condamné à la crucifixion portait-il lui-même sa croix ?

  Oui, cela faisait partie du spectacle qu'il devait offrir au peuple. Les soldats romains chargés de crucifier devaient veiller à ce que le condamné ne meurre pas d'épuisement avant d'arriver au lieu de crucifixion. C'est probablement l'explication de l'obligation imposée par les soldats romains à Simon, l'homme originaire de Cyrène qui rentrait du travail dans ses champs, de remplacer  le Nazôréen sur une partie du parcours.


Quelle a été la longueur du chemin de croix de Jésus ?

   Nous imaginons généralement un long parcours. La tradition catholique a structuré ce parcours sur 14 stations. Plus récemment, cette tradition a ajouté une dernière station évoquant la résurrection.

   En réalité, Jésus devait parcourir la distance existant entre le Tribunal du Procurateur romain, Pontius Pilatus, siégeant à la forteresse Antonia,  jusqu'au lieu de la crucifixion, le Golgotha. Il devait sortir de la ville de Jérusalem pour montrer qu'il était banni, exclu, rejeté, indigne de faire partie des habitants de Jérusalem.

     Les cartes prouvent que la longueur du chemin de croix fut au maximum de 400 mètres.


Jésus était-il nu sur la croix ? 

   Oui, selon toute vraisemblance. La nudité totale faisait partie de l'avilissement imposé au crucifié. L'homme condamné à la crucifixion devait subir toutes les humiliations possibles. Le peuple devait garder de lui la mémoire d'un être ayant perdu toute dignité.

  La flagellation (romaine, non limitée à 40 coups) constituait le premier temps de l'avilissement: le crucifié était totalement devêtu. Tout au long du parcours vers le lieu de la crucifixion, Golgotha, le crucifié était probablement nu. En montrant la nudité du crucifié on le traitait comme un animal.

    On ne connaît pas de peintures représentant Jésus totalement nu sur la croix.Tous les peintres ont ajouté un morceau de tissu pour cacher la nudité de Jésus.


Jésus a-t-il été couronné d'épines ?

    A la différence des deux autres qui furent crucifiés le même jour.L'évangéliste Jean en donne la raison. Pilate présente  Jésus en disant cyniquement aux Chefs du Judaïsme "Voici votre roi".(Jn19,14). Mais l'évangéliste Jean n'en dit pas davantage.

    

   Deux évangiles  racontent ce que les soldats romains ont fait pour tourner en dérision ce "roi des Juifs": Mt 27,27 à 31;  Marc, 15, 15 à 20.

   Luc n'y fait pas allusion.


Qui Jésus a-t-il rencontré pendant le parcours vers le Golgotha ?

  C'est Luc qui en parle, fidèle à sa perspective soulignant l'humanité du petit  peuple et des femmes envers Jésus:" Il était suivi par une grande foule composée de membres du peuple, et de femmes qui se frappaient la poitrine  et se lamentaient sur lui. Jésus se tourna vers elle et dit: "Femmes de Jérusalemn, ne pleurez pas sur moi, mais pleurez sur vous et sur vos enfants. En effet, voici que viennent des jours où l'on dira, Heureuses celle qui sont stériles, heureuses celles qui n'ont pas eu d'enfants, heureuses celles qui n'ont pas allaité. alors on se mettra à dire aux montagnes Tombez sur nous ! et aux collines, Couvrez-nous ! Car, si on traite ainsi le bois vert, qu'arrivera-t-il au bois sec ?" (Lc 23, 27 à 31).


Thomas Didyme a-t-il  "touché"  Jésus après sa résurrection ?

    Le quatrième évangile est le seul à évoquer cette question.Il y consacre la fin du chapitre 20, à partir du verset 24.

    Thomas est l'un des Douze, comme Simon Pierre ou l'Iscarioth. Sa présence est mentionnée pour la première fois en lien avec le retour de Lazare à une vie hors  du tombeau - en rapport avec la foi en Jésus, celle de Marthe et celle de Marie, soeurs de Lazare (Jn 11, 21-30) - et en rapport avec les Judéens opposés à Jésus qui représentent les plus hautes autorités religieuses du Judaïsme.

     Il personnifie le courage dès sa première parole:  "allons-y, nous aussi (à Jérusalem) afin de mourir avec lui(Jésus)" , Jn 11.17. Il assume un rôle de leader au sein des Douze, plus stable que celui de Simon qui va bientôt renier Jésus pendant la passion. 

     Thomas Didyme n'est pas avec  les Douze au soir du premier jour de la première semaine du monde inauguré par le relèvement de Jésus du monde des morts.Il proclame son point de vue d'homme libre et réaliste:"Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à la place des clous, et ma main dans son côté, je ne croirai absolument pas !".

      Jésus respecte la personnalité et l'authenticité de ce Thomas Didyme. Sept jours plus tard, Jésus se tient au milieu de son petit groupe de disciples, enfermés, pleins de peurs. Il accorde à tous la paix du coeur dont ils ont tellement besoin.

     Et d'emblée le Jésus du Monde nouveau s'adresse à Thomas. Il lui propose exactement ce que le Didyme a résumé comme conditions pour devenir croyant: voir et toucher.

      L'évangéliste n'écrit pas que Thomas a profité de la proposition de Jésus, toucher sans se contenter de voir, toucher pour constater  de façon indubitable. Jésus insiste en concluant: "Ne deviens pas non-croyant mais croyant!"

      Immédiatement, Thomas proclame la foi: "Le Seigneur de moi et le Dieu de moi". 

      L'évangéliste donne le dernier mot à Jésus.

L'expression est destinée à l'ensemble des croyants:

"Parce que tu as m'as vu, tu crois.

Heureux ceux qui ne  voient pas et qui croient".

     Le rédacteur du quatrième évangile fait de cette huitième béatitude, prononcée le huitième jour, le signe ultime offert aux humains pour croire.

      Thomas représente le type de chaque  croyant: conscient, assumant sa liberté de croire ou de ne pas croire, d'exprimer ses doutes et ses questions, de vérifier que la foi n'est ni stupide ni naïve.

      Thomas prend ainsi la place de leader parmi les disciples.

      Le chapitre 21 de l'évangile consacrera ce statut: Thomas  y est nommé immédiatement après Simon le pêcheur (v.2)

      D'où la question posée par certains lecteurs du texte grec: Thomas ne serait-il pas le rédacteur ou le rédacteur associé à la rédaction du quatrième évangile ?

     Personnellement, je ne le pense pas. A  mon avis, cet évangile a été rédigé par "le disciple que Jésus aimait", du vivant de Thomas Didyme.

       Le  "disciple" qui proclame sa propre foi dans la barque de Simon, sur la mer de Tibériade, dans la Galilée des non-juifs, en disant  "C'est le Seigneur" , a compris et témoigné que Thomas Didyme - le jumeau de chaque chrétien ? - a été choisi par Jésus comme type de chaque croyant pour avoir affirmé "Tu es mon Seigneur et mon Dieu".

(rédaction du 3 juillet 2020, fête de l'apôtre Thomas)


à suivre...

  

Quel était la cruauté physique et psychique de la crucifixion ?



Est-ce que la crucifixion était courante dans le monde romain ?